The Coalition for Gun Control/Pour le Controle des Armes

Guns in the News: Dawson: survivre à l’horreur/Dawson: surviving the horror

Posted by cgccanada on July 2, 2009

Katia Gagnon, La Presse

29 juin 2009

Des chercheurs du Centre de recherche Fernand-Seguin et du Centre universitaire de santé McGill ont réalisé une première mondiale en sondant le coeur d’une population touchée par une fusillade en milieu scolaire. Près de 1000 étudiants et membres du personnel du collège Dawson ont participé à une étude portant sur les impacts psychologiques de l’événement. Les résultats montrent que près de deux ans après le geste tragique de Kimveer Gill, les plaies étaient souvent loin d’être refermées. Près de 40% des personnes qui ont répondu au questionnaire des chercheurs l’an dernier ont indiqué avoir souffert d’un trouble de santé mentale à la suite des événements survenus le 13 septembre 2006. Des troubles parfois très graves. Près de 10% des répondants ont eu des manifestations sévères de choc post-traumatique. Près de 7% ont eu des idées suicidaires et près de 11% ont souffert d’une dépression majeure. Ces chiffres sont énormes, soulignent les chercheurs. «C’est deux à trois fois plus que dans la population en général», dit Stéphane Guay, psychologue, directeur du Centre d’études sur le trauma et l’un des auteurs de l’étude. Et le plus inquiétant dans ces chiffres, c’est le nombre de personnes qui, malgré ces troubles, n’ont pas consulté un professionnel. Seul le tiers des personnes ayant souffert d’un trouble de santé mentale ont été traités. Pourquoi? Les préjugés relatifs aux maladies mentales, la peur de paraître faible. «La principale raison, c’est celle de l’acceptabilité et non de l’accessibilité des soins. Les gens pensent que ça va passer, qu’ils vont s’en sortir par eux-mêmes. Mais, dans certains cas, ça ne passe pas», explique Alain Lesage, psychiatre et directeur adjoint du Centre de recherche Fernand-Seguin de l’hôpital Louis-H. Lafontaine, qui a dirigé l’étude. Ainsi, près de 7% des répondants ont encore des symptômes sévères de choc post-traumatique. «Des symptômes importants, qui peuvent affecter leur fonctionnement quotidien. Ils continuent à vivre avec leur problème et ça paraît dans leur trajectoire scolaire. Ils ont eu du mal à terminer leur année. Ils ne sont pas où ils voudraient être», souligne le Dr Lesage. Le personnel négligé Les chercheurs estiment que l’aide psychologique d’urgence offerte par le CUSM tout de suite après la fusillade a été de grande qualité et bien déployée grâce à la collaboration étroite entre l’hôpital et le collège. «La façon dont les services ont été déployés pourrait servir de modèle», croit Alain Lesage. L’immense majorité des répondants qui ont reçu des services psychologiques – 80% – en ont d’ailleurs été satisfaits. Cependant, observent-ils, on a négligé certaines clientèles, comme les membres du personnel. «Le personnel de soutien qui a procédé au nettoyage le lendemain de la fusillade était aux premières loges de la tragédie. Comme les profs qui étaient là le 13 septembre. Ils sont à risque d’être blessés psychologiquement. Or, on a sous-estimé leur souffrance. On les voyait comme des aidants pour les étudiants. On a eu des aidants blessés qui ont continué à aider», résume Alain Lesage. «Chez certaines personnes, deux ans après, la blessure psychologique est encore là.» De plus, les chercheurs ont noté que les blessures psychologiques émergent souvent, chez les étudiants comme chez les enseignants, bien après la fin des mesures d’urgence. «Une fois la vague de soutien passée, certaines personnes se sont senties isolées», explique Stéphane Guay. Richard Filion, le directeur de Dawson, a constaté tout cela. Plus de trois mois après les  vénements, au retour des vacances des Fêtes, plusieurs membres du personnel du collège ont craqué. «Après les Fêtes, on a vu que des choses demeurées latentes sont remontées à la surface. On a senti beaucoup de fragilité, d’anxiété. On a donc décidé de prolonger nos séances de soutien jusqu’en avril», explique-t-il. Les chercheurs, eux, recommandent d’instaurer, à la suite d’un tel événement, des séances générales d’informations à caractère quasi obligatoire, où on informerait les gens des symptômes des principales maladies psychiatriques, dont le choc post-traumatique, afin que les gens «s’autodépistent», souligne M. Guay. «On a fait tout ce qu’on pouvait raisonnablement faire. Mais peut-être aurions-nous dû maintenir la présence de services psychologiques encore plus longtemps», dit Richard Filion. Le web, un allié inattendu L’étude a notamment permis aux chercheurs de découvrir un allié inattendu dans le traitement des blessures psychologiques: l’internet. Près de 14% des répondants, étudiants comme professeurs, ont utilisé l’internet pour obtenir un soutien psychologique, dans des groupes de discussion informels qui se sont formés spontanément après la fusillade. «Ça a accru le soutien psychologique, observe Alain Lesage. Dawson est en train de nous apprendre quelque chose sur un véhicule supplémentaire pour rejoindre les gens en matière de santé mentale. Pour encourager les gens à aller consulter.» Si un événement semblable survenait, la mise sur pied d’un site web, où les symptômes des différents troubles sont établis, et où des professionnels peuvent répondre en ligne à une première demande d’information, revêt donc une grande importance, croient les chercheurs. «Un tel site web pourrait devenir l’emblème de l’événement», affirme Stéphane Guay. Après une séance d’information, on pourrait inviter les gens qui se posent des questions à utiliser un tel site pour converser en ligne avec un professionnel plutôt que de faire la file devant un bureau à la vue de tous, dit Alain Lesage.

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Researchers at the research centre Fernand-Seguin and the McGill University Health Center have achieved a world first by probing the heart of a population affected by a school shooting. Nearly 1,000 students and staff of Dawson College participated in a study on the psychological impacts of the event. The results show that nearly two years after the tragic act of Kimveer Gill, the wounds were often far from healed. Nearly 40% of those who responded to the questionnaire last year reported having suffered from a mental health disorder in the wake of the events of September 13 2006. Disorders that were sometimes very serious. Nearly 10% of respondents had severe manifestations of post-traumatic stress. Nearly 7% have had suicidal thoughts and almost 11% suffered from major depression.  These figures are enormous, researchers stress. “It’s two to three times more than in the general population,” said Stéphane Guay, psychologist and director of the Center for Studies in trauma and one of the authors of the study. And the most disturbing in these figures is the number of people who, despite these troubles, did not consult a professional. Only one third of people who suffered from a mental health disorder were treated. Why? Prejudices relating to mental illness, fear of seem low.  “The main reason is the acceptability and accessibility of care. People think it will pass, they will get out by themselves. But in some cases, it does not happen that way, “says Alain Lesage, psychiatrist and deputy director of the Center de recherche Fernand-Seguin of Hôpital Louis-H. Lafontaine, who led the study.  Thus, nearly 7% of respondents still have severe symptoms of post-traumatic stress. “The important symptoms may affect their daily functioning. They continue to live with their problem and it shows in their educational path. They had difficulty in completing their year. They are not where they want to be, “said Dr. Lesage. The researchers believe that emergency psychological help by the MUHC immediately after the shooting was of high quality and well-deployed through close collaboration between the hospital and the college. “The way the services were deployed could serve as a model,” says Alain Lesage. The vast majority of respondents who received psychological services – 80% – have already been met. However, they observe, it has neglected some clients, like the staff. “The support staff has to clean the day after the shooting was in the front row of the tragedy. As teachers who were there on 13 September, they are likely to be injured psychologically. However, we underestimated their suffering. We see them as caregivers for students. We had wounded caregivers who continued to help, “says Alain Lesage. “For some people, two years later, the psychological injury is still there.” In addition, researchers noted that the psychological wounds emerge as often among students as among teachers well after the end of emergency measures. “Once the wave of increased support, some people felt isolated,” explains Stéphane Guay.  Richard Filion, director of Dawson, found that this was the case. More than three months after the events, at the return of the Christmas holiday, several staff members of the college cracked. “After the holidays, we saw that things that had remained latent came to the surface. There was a lot of fragility, anxiety. It was therefore decided to extend our support sessions until April, “he says.  Researchers, however, recommend the establishment, following such an event, of meetings of general information that are almost mandatory, which would inform people about the symptoms of major psychiatric illnesses, including post-traumatic stress, to that people “autodiagnose” says Guay. “We did everything we could reasonably do. But perhaps we should have the continued presence of psychological services even longer, “said Richard Filion.  The study has enabled researchers to discover an unexpected ally in the treatment of psychological injuries: the Internet. Almost 14% of respondents, students as teachers, have used the Internet to get psychological support in informal discussion groups that have formed spontaneously after the shooting.  “It has increased the psychological, observes Alain Lesage. Dawson is currently teaching us something about an additional vehicle to reach people in mental health. To encourage people to consult.” If a similar event occurs, setting up a website, where the symptoms of various disorders are established, and where professionals can meet online at an initial request for information is very important, the researchers believe . “Such a website could become the emblem of the event,” says Stéphane Guay. After a briefing, we could invite people who have questions to use this site to chat online with a professional rather than to queue at a desk in full view of everyone, says Alain Lesage.

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